Le géomètre est reparti, le scanner est rangé, et il reste un fichier de plusieurs gigaoctets sur une clé USB. C’est souvent à ce moment que la question se pose vraiment : qu’est-ce qu’on fait de ça, concrètement, quand on veut agrandir sa cuisine ou refaire ses combles ?
Ce qu’on voit quand on ouvre le fichier
Un nuage de points n’est ni une photo ni un plan. C’est une masse de points colorés positionnés dans l’espace, dans laquelle on navigue comme dans un jeu vidéo, en tournant autour de la maison ou en se plaçant au milieu du salon.
Chaque point porte ses coordonnées exactes, ce qui autorise la mesure directe à l’écran. Cliquer sur deux angles de mur donne la distance réelle, sans revenir sur place et sans dépendre de ce que quelqu’un avait noté sur un carnet. Les hauteurs sous plafond, les épaisseurs de mur et les niveaux de sol se lisent de la même manière, y compris dans des pièces devenues inaccessibles.
La densité du semis conditionne le niveau de détail. Un BLK360-G2 propose plusieurs réglages à dix mètres, du point tous les 6 mm au point tous les 50 mm, le premier servant aux détails de moulure, le dernier aux volumes généraux.
Le recalage, l’étape qui assemble les stations
Une maison ne se scanne jamais depuis un seul emplacement. Chaque pièce, chaque façade impose de déplacer l’appareil, ce qui produit une série de scans indépendants qu’il faut ensuite réunir dans un même repère.
Cette opération s’appelle le recalage. Sur les appareils récents, elle se fait en grande partie toute seule : le système VIS du BLK360 assemble automatiquement les stations pendant l’acquisition, en suivant visuellement les déplacements du scanner.
Le contrôle se fait ensuite au bureau, dans un logiciel dédié. Les scans mal raccordés se repèrent aux doubles murs et aux sols qui se dédoublent, défauts qu’un opérateur corrige avant de livrer le fichier définitif. Un escalier ou un couloir étroit constituent les points sensibles, faute de repères visuels communs entre deux stations successives.
Des plans, une maquette ou une visite virtuelle
Le nuage de points reste une matière première. La sortie la plus demandée par les particuliers reste le jeu de plans classiques, coupes et façades comprises, dessinés par-dessus les données et donc fidèles à la réalité du bâti.
La deuxième voie mène à la maquette numérique. Les données se redirigent vers des applications de CAO, de BIM, de réalité virtuelle ou de réalité augmentée, la suite Leica Geosystems annonçant par ailleurs une compatibilité avec les solutions Autodesk.
La troisième voie est purement visuelle. Une visite immersive dans le nuage permet de montrer à un client, à un artisan ou à un assureur ce que des plans en deux dimensions peinent à faire comprendre, notamment sur des volumes atypiques.
Quel budget prévoir pour exploiter ses données
Le traitement suppose un logiciel spécialisé. Chez STTL, Cyclone Register 360 est affiché à 2 150 € HT, un montant qui s’ajoute au prix du matériel et qu’il faut intégrer dès le départ dans le calcul.
Le poste stockage se sous-estime facilement. La mémoire interne d’un BLK360-G2 atteint 180 Go, ce qui donne une idée du volume généré par une campagne de relevé complète et de la place à prévoir sur un poste de travail.
Pour un projet unique, la sous-traitance reste la voie la plus simple. Le géomètre ou le bureau spécialisé livre alors directement les plans et la maquette, et le nuage brut n’est conservé que comme archive du bâtiment. Cette formule évite d’investir dans une licence et une machine puissantes pour un besoin ponctuel.

